Flyer réalisé par le Collectif contre la militarisation de l’école et de la jeunesse (Solidaires Rhône, SNES académique, SUD Éducation 69, Émancipation 69, Libre Pensée du Rhône, Mouvement pour une Alternative Non Violente, Observatoire des armements, Union Pacifiste de France) *
À Lyon, un Collectif Non au SNU a été actif durant 3 ans (cf. l’article : PAS D’ARMÉE Á L’ÉCOLE !
En 2025, Macron a annoncéla fin du SNU tout en poursuivant son objectif de militarisation de l’école et de la (...)
Le mouvement des lycéens percute le gouvernement Macron-Lecornu. Les lycéens se mobilisent contre la dégradation des conditions d’enseignement (classes surchargées, manque de professeurs et personnels éducatifs, locaux inadaptés…) et pour obtenir de meilleures conditions d’études, la diminution des effectifs par classe, l’abrogation de Parcoursup… Ils se révoltent contre la mise en cause de leurs droit aux études, et contre l’absence d’avenir que leur offre cette société.
Leurs revendications sont légitimes. Elles vont dans le même sens que celles des personnels enseignants qui se sont mobilisés pour l’abrogation des réformes Macron, notamment la réforme du Bac et du Lycée Blanquer, la loi ORE et Parcoursup, et pour la création des postes statutaires nécessaires, un statut pour les AESH, la hausse des salaires, la rénovation et l’isolation thermique des bâtiments scolaires …
La mobilisation lycéenne a d’ores et déjà conduit à un appel à la grève uni des personnels et de la jeunesse, avec des parents, d’autres salariés. Le 6 octobre, la mobilisation a été massive.
Et le mouvement s’est étendu aux campus universitaires à partir du 1er octobre.
Le gouvernement incapable de répondre aux revendications !
En guise de réponse, le gouvernement a déployé une répression brutale : usage répété de gaz et autres armes comme le LBD, les grenades de désencerclement provocant de nombreuses mutilations. Au 6 octobre on comptait 6877 garde à vue dont 86% de mineurs. Cette répression s’est étendue aux universités (cf. des CRS pénétrant dans l’enceinte de la Sorbonne Nouvelle).
Le gouvernement a également fermé des centaines de lycées dans l’objectif de casser la mobilisation. Il a tenté ensuite d’organiser des “temps de discussions” dans les établissements, le plus souvent boycottés par les lycéens et surtout les personnels.
Incapable de répondre aux revendications, le ministère prétend envoyer 3000 remplaçants dans les établissements, tout au plus des redéploiements de personnels, voire même des attaques contre les droits des TZR (affectation hors zone et le plus souvent dans une autre discipline).
Le budget Lecornu concentre la politique du gouvernement
La satisfaction des revendications des lycéens, des personnels, des étudiants, entre en contradiction avec le projet de budget Lecornu et ses 54 milliards d’économies.
Le gouvernement prévoit de supprimer des milliers de postes d’enseignants, en réalité un plan pluriannuel de suppressions de postes sous couvert de baisse démographique. Il considère, comme nombre de candidats à la présidentielle (E. Philippe, G. Attal, M. Le Pen…), cette baisse comme une “opportunité historique” pour diminuer massivement les moyens alloués à l’école et mener l’attaque contre le statut.
Il entend poursuivre l’asphyxie financière des universités, ainsi que la sélection : un rapport sénatorial demande d’ôter au bac son caractère de premier grade universitaire. Le budget prévoit également de diminuer drastiquement les ressources des collectivités territoriales en charge du bâti scolaire.
Lecornu a rappelé le 4 octobre que “les efforts déjà consentis et les contraintes de nos finances publiques nous obligent à des engagements tenables”. Le ministre de l’économie et des finances (Lescure) affirme au Wall Street Journal : “nous ferons tout pour passer le budget, quoi qu’il en coûte”. Cela inclut la possible utilisation des ordonnances pour adopter ce budget.
Imposer le retrait du projet de budget Lecornu !
Qui peut croire alors que, dans le cadre du “débat parlementaire”, le gouvernement pourrait renoncer à l’augmentation massive des crédits militaires, aux multiples aides aux entreprises (estimées autour de 211 milliards d’euros), et annuler les 54 milliards d’euros d’économies destinés à faire payer la crise et la dette aux travailleurs et à la jeunesse ? Évidemment, ce n’est pas l’objectif du gouvernement.
La satisfaction des revendications de la jeunesse et des personnels implique donc le retrait du projet de budget Lecornu.
Pourtant la direction de la CGT se borne à seulement demander de “modifier le budget”, celle du SNES explique que les revendications des personnels et de la jeunesse sont “finançables” (dans le cadre du budget présenté par le gouvernement ?) et attend des réponses du “débat parlementaire”.
À Paris, les AG étudiantes de 13 universités (dont ENS, Panthéon Sorbonne, Sorbonne Université, Jussieu, Ecole du Louvre, INALCO, Nanterre, EHESS, Paris 8, Dauphine…) appellent à une “Marche conjointe vers Matignon” le 13 octobre. Elles ciblent ouvertement la responsabilité de l’exécutif et ses violentes attaques contre la jeunesse, contre le droit aux études de son choix… et contre tout avenir.
La responsabilité des organisations syndicales est de se prononcer contre le projet de budget Lecornu, de réaliser le tous ensemble, d’appeler à la mobilisation centralisée contre le pouvoir. Avec l’objectif d’imposer le retrait du projet de budget Lecornu.
Un tel retrait serait une défaite pour le gouvernement et ouvrirait la voie pour en finir avec cette politique.
La tenue d’AG impliquant les syndicats seront un point d’appui pour construire l’unité indispensable à l’obtention des revendications.