UKRAINE (dossier) Le pays qui n’existait pas - Le pays qui voulait exister

Nous republions ici 6 articles parus dans la revue L’Émancipation syndicale et pédagogique (février 2014, novembre et décembre 2016, janvier, février et mars 2017).

Revenir sur les événements de 2013-2014 qui ont eu lieu en Ukraine éclaire la situation présente et l’offensive russe actuelle.

"Le 21 novembre 2013, éclataient à Kiev les premières manifestations contre la politique du président Ianoukovitch, manifestations qui furent le point de départ d’une véritable insurrection populaire dite de Maïdan".

"Le 22 février 2014, à l’issue de trois mois de mobilisation populaire, le Président ukrainien Ianoukovtich – après avoir fait tuer une centaine de manifestants - s’enfuyait en Russie. La chute de son homme lige à Kyiv (ou Kiev), la crainte d’un approfondissement du processus révolutionnaire en Ukraine, et de sa répercussion en Russie, conduisirent Poutine à lancer une opération politicomilitaire en Ukraine. Après une pseudo consultation électorale en Crimée, l’armée russe rattachait cette république autonome à la Russie."Aleksander Koltchenko

"La situation politique en Europe en reste durablement marquée".

"Ceux qui étaient opposés à cette annexion étaient aussitôt soumis à la répression"

Ainsi des manifestations pacifiques de protestation ont été organisées en Crimée contre l’occupation militaire russe et le référendum truqué, aux côtés de citoyens tatars, ukrainiens, ou russes, notamment le 19 mai 2014 à Simféropol.

"Dans les jours précédant cette manifestation, une série d’arrestations ont visé, à Simféropol, divers opposants, dont le cinéaste Oleh Sentsov (connu pour son long-métrage Gaamer), enlevé dans la nuit du 11 au 12 mai, et Alexandr Koltchenko, l’un des organisateurs de la manifestation annoncée, arrêté le 16 mai. L’un et l’autre furent kidnappés par les agents des services secrets russes, le FSB".

Ces articles abordaient la place de l’extrême droite dans cette révolution, sur laquelle
les médias et Poutine avaient choisi de se focaliser.

En conclusion de ces articles, en mars 2017, il était expliqué :

"Ce qui s’est affirmé lors de Maïdan, c’est une double volonté, qui forme un tout : mettre à bas un régime de plus en plus anti-démocratique, et mettre à bas un régime qui avait accepté de s’engager, sous l’égide de Poutine, dans une union économique dont chacun comprit qu’elle ne visait qu’à rétablir l’Empire russe défunt.

"En faisant échouer cette opération, les Ukrainiens ont marqué une nouvelle étape dans l’histoire de l’Ukraine. Ce mouvement des masses populaires, tenant tête à la violence policière, et contraignant le président à s’enfuir, marque le début véritable de l’indépendance de l’Ukraine. La réaction de Poutine en fut d’autant plus brutale : c’était un coup majeur à son rêve d’empire.

Pour autant, ce n’est pas la fin du combat du peuple ukrainien : cette indépendance restera fragile et, pour une part, incomplète, tant que le capitalisme dominera
en Ukraine et que se feront face, à l’est et à l’ouest, les ambitions des grandes puissances capitalistes.

Mais cette histoire confirme une chose : si tout mouvement des masses spontané a des limites, ce sont bien les masses qui font l’histoire".


Aleksandr Koltchenko a été incarcéré à Moscou de mai 2014 à septembre 2019, accusé de liens avec l’extrême droite ukrainienne, de terrorisme... Ce militant antifasciste le plus connu de Crimée, se réclamait de l’anarchisme, de l’antifascisme, de la défense de l’environnement et de la défense des droits des travailleurs. Émancipation est membre du Collectif Koltchenko qui a combattu pour sa libération.